" Les belles rues pavées, laissent la place à des semblant de rues, des chemins boueux, explosées, les pavés n'étant plus a leur place, et obstruées pas les gravats d'immeubles. Les immeubles luxueux quatres étoiles, eux, laissent la place à de grandes bâtisses fantômatiques faites de briques, de pierres et de béton, ressemblant à un décor de guerre. Les voitures pompeuses et sportives n'ont de voitures que le nom; ne ressemblant plus qu'à des épaves noircies par le feu, délavées et dépouillées de leur couleur par les pluies. La ville moderne et pollueuse, n'est plus qu'un champ de bataille, polluée par les débris, les déchets, et les cadavres des milliers de soldats et des milliers de civils qui sont morts. Les civils, eux, ne sont plus là, ou alors si, mais ne sont plus que les fantômes de leurs vies oubliées, personnages importants ou simples badauds ils sont tous égaux aujourd'hui. Les soldats ont le même sort que les civils, généraux, lieutenants, ou simples recrues, ils sont tous enterrés sous une masse de terre ou morts, un trou dans la tête. Les éclats de rires des enfants résonnant dans les rues, ont été remplacés par ceux des obus, martelant et sacagant la ville, détruisant les derniers lambaux de la civilisation. Les souvenirs que j'ai dans la tête, eux aussi éclatent et volent en morceaux, je m'y accroche pourtant bel et bien comme un forcené, ne voulant pas tomber dans cette folie, qui a consumé cette ville. Je me terre dans ce trou d'obus depuis plusieurs jours m'accrochant à mon arme comme à mes souvenirs, je ne la lâcherai pour rien au monde comme je n'oublierai jamais tous ces moments passés avec toi. Je n'ai plus personne à qui parler, les derniers soldats avec qui j'étais sont morts depuis une semaine ou plus, j'essaye de ne pas oublier comment se comporte un homme, comment je me comportais avec toi, mais je refuse de me voir parler a des objets que j'aurais précédement nommé pour avoir un tant soit peu de conversation, si jamais je passe ce stade je pense que je laisserai mon arme me rendre un dernier service et ainsi éviter de me voir sombrer dans cette furieuse folie. Le seul espoir qu'il me reste, la seule chose dans laquelle je peux croire, c'est le fait que tu puisse un jour recevoir, lire, toutes les lettres que je t'ai adressé, pour l'instant elles ne sont qu'empilées a côté de moi mais j'éspère bien qu'un jour elles seront en ta possession. Je ne pense plus en avoir pour longtemps, la faim commence à se faire sentir, et je ne peux plus me déplacer à cause de ma jambe arrachée. Je mourrais soit de faim, soit d'une balle tirée par l'ennemi, ou par moi même. Je ne pense plus pouvoir t'écrire, je n'en aurai plus la force, mais s'il y'a bien une chose que tu dois retenir dans toutes mes lettres, c'est que je t'aime, et que ce sentiment n'est pas qu'un simple souvenir. "